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Le blog de Yannick Palomino.

Un dernier mot pour 2021

Yannick-Cabaret

Quelques mots avant la fin de cette année 2021. 

Chers amis,

Je vous écris avec tout l'amour qu'il me reste après toute cette année forte en émotion. J'aimerai vous transmettre avec authenticité quelques mots pour ces fêtes de fin d'année. Avec douceur mais aussi avec une forme de mélancolie, générée sans nulle doute parce que je suis un passionné, un poète au service du Vivant. J'avoue que je n'ai pas vraiment le cœur à la fête, mais je garde quand même le sourire. Beaucoup d'entre vous le savent déjà, je ne parle qu'avec le cœur justement. Et quand celui-ci perd de sa cadence, quand mon âme vibre à peine, il est vrai que je ne peux pas donner le meilleur de moi. Et là, je m'efforce de lui redonner de la force pour se battre dans cet élan littéraire.

Ces derniers temps, j'ai pu vivre de très belles choses et je devrai m'arrêter là. Comme un bon alchimiste, je devrai prélever que les bons souvenirs et laisser le reste moisir dans les méandres de mon passé. Je me sens chanceux quelquefois, je remercie d'ailleurs régulièrement la vie. Je dirai même que je suis heureux avec moi-même, comme jamais je ne l'ai été depuis des années. Mais malgré tout, j'ai une pensée pour l'état dans lequel se trouve ce monde et j'oublie difficilement ceux qui n'ont pas eu la délicatesse de me laisser un peu de chaleur humaine avant de fracasser les portes de mon for intérieur sans aucune empathie.

Depuis toujours, je me suis senti en décalage avec le reste de mon entourage mais il semble que cela soit aussi une particularité des hypersensibles. On peut presque dire que c'est donc normal pour des gens comme moi. Je me suis toujours senti à côté du rêve de ce monde, convaincu que j'avais mes rêves à poursuivre et que je pouvais aussi aider les autres à rester des rêveurs. Parce que rêver a toujours été mal vu alors que s'offrir du rêve a toujours été une façon de tenir bon dans un monde où le travail semble n'être que la seule raison d'exister. J'ai toujours fait en sorte de rester fort pour les gens que j'aime, même dans les moments où j'avais perdu le goût de vivre ma propre existence. Je souris quand je dors, parce que j'ai pris l'habitude de sourire constamment, même quand je suis au bord d'un précipice mental. Mais voilà, j'essaye toujours de me faire une place dans une société qui perd toujours plus de son humanité. Au milieu de toutes ces peurs, de toutes ces obligations et de tous ces discours liberticides, j'essaye d'avancer comme un soldat qui évite les balles et qui tient son fusil en faisant semblant de tirer sur les ennemis de mes supérieurs.

En faisant le récapitulatif de toute cette année 2021, je dois dire que j'en ai vécu des vies différentes en peu de temps. J'en ai rencontré du beau monde aussi. Et pourtant, je vois surtout autour de moi de la souffrance, consciente ou inconsciente, refoulée très souvent. Je vois tant de personnes qui font souffrir les autres, parce qu'elles-mêmes souffrent tellement ! Cette année, j'ai vu que l'amour pouvait dérouter des gens, cela leur paraissait étranger et même blessant. J'ai blessé par amour. Plus d'une fois même ! Aussi, j'ai perdu beaucoup de contacts, parce que je ne sentais plus l'envie de faire le premier pas, voyant bien que j'étais souvent le seul à demander des nouvelles. Et en même temps, je me sens mal quand je dis que je rappellerai une personne et que je ne trouve pas le temps de tenir ma promesse. Je me suis posé la question plus d'une fois cette année : "suis-je un bon ami ?". Je sais que beaucoup de gens vous diront que non. C'est vrai, je change comme tout ce monde. Autant j'aime ce que je suis, autant, je n'aime pas ce que je deviens pour rentrer dans le moule social. Je me sens sale quelquefois quand je vais courir le cachet.

Je n'ai pas le cœur à la fête, car, peut-être encore une fois, j'ai donné beaucoup de moi. Peut-être pas encore aux bonnes personnes. Sans regret, j'ai donné. Et je pense encore à tous ceux qui sont partis de ma vie ou qui se sont éloignés de moi, à qui j'aurai aimé donner encore. Je pense aussi à ceux qui sont partis et qui ont pris ce qui avait à prendre, sans demander le reste. Je pense à ceux que j'aurais aimé aider mais qui cédaient à eux-mêmes, tombant toujours plus loin dans leurs souffrances. Voilà, comme je l'ai entendu dire dans la bouche d'une femme que j'aime beaucoup et qui peine à s'aimer elle-même, "j'aime aider". J'aime être là pour les autres, comme j'aurais aimé, en réalité, qu'on soit là pour moi. En prenant de l'âge, je perds cependant espoir de recevoir ce que je pense mériter. A force, je n'attends plus rien en retour, je n'ai même plus la foi pour attendre quoi que ce soit des autres. J'attends peut-être juste un minimum de respect. Au moins la paix. Maintenant, je me sens vide en cette fin d'année. Ma récolte de l'amour est terminée. Aujourd'hui, je dois en semer à nouveau sur les terres de mon cœur. Et vous savez quoi ? Je vais semer encore plus de l'amour, parce que je ne sais rien faire d'autre que d'aimer dans ce bas monde. C'est pour cela que je n'ai pas le cœur à la fête. Toutefois, je suis convaincu que j'ai fait de mon année 2021 une vraie fiesta et j'ai célébré la vie à ma façon à travers mes activités artistiques. Malgré mes peines, la frustration immense de me dire qu'un monde meilleur existe, et les déceptions personnelles que j'enchaîne avec un soupçon de romantisme un peu dégueulasse par moment… je recommencerai l'année suivante à aimer encore.

Et bien sûr, j'ai toujours un oeil vers l'avenir. Rien ne change chaque année, tout empire. Je fais toujours le même bilan quand arrive décembre. Enfin, je constate la même chose. Cette fois-ci, je me dis qu'on arrive quand même à une situation vraiment bien pourrie avec ces histoires politico-sanitaires. La vie devient de plus en plus dure, de plus en plus chère, la nature s'épuise avec notre consommation incessante des ressources et les riches continuent de nous chier sur la gueule pendant que quelques semi-pauvres parlent de jalousie mal placée de ces pauvres qui "ne travaillent jamais assez". Bref, quand on ne réfléchit plus, qu'on se torche la gueule ou qu'on se défonce un peu, oui, la vie n'est pas si mal après tout. Quand on continue à penser à rien, qu'on se divertit un peu avec tous ces trucs qu'on peut s'acheter, tout va mieux. Quand je vais chanter, je me sens bien aussi et j'apporte mon amour, ma passion et mon travail. Voilà tout.

Pour conclure, je vous souhaite de bonnes fêtes mais surtout de bonnes doses de réflexions constructives. Pour ceux qui ont déjà beaucoup réfléchi ou qui ont apporté beaucoup aux autres, je leur souhaite de passer de bons moments ; de passer ces putains de bons moments qui renforcent et qui donnent une bonne raison de continuer à croire à un monde meilleur. Je vous souhaite à tous que l'amour s'insuffle dans chacun de vous, même si vous êtes un con fini ou une conne finie pour le trois-quart de votre entourage. Je vous envoie le reste de mes pensées positives, dans l'espoir que le bonheur de chacun se transmette et nous emporte dans une spirale pleine d'harmonie sociale. Je verserai une larme pour l'avenir qui nous attend mais je lèverai comme beaucoup d'autres mon verre, avec un sourire, pour Noël, pour le nouvel an et pour les gens que j'aime. Parce que malgré tout les amis, j'aime encore la vie bordel de merde !


Allez donc tous vous faire aimer !

Merci et bisous à tous.

Bonnes fêtes !

Bœuf au Chaudron de Cabestany

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