FICTIONS

Donner la vie à des histoires

Temps de lecture : 18 minutes (3543 mots)

Les histoires du Centre Visum - Les représentants des Sages

Les-reprsentants-des-Sages

Première nouvelle dans l'univers de la licence Visum, publiée sur www.visum-galaxy.com.


La planète Alura se trouvait dans le système Eternaire, bien loin de tout autre monde habité. Dans l'ensemble, elle était plutôt stable et l'étoile Etern ne la menaçait pas de destruction avant des millions d'années. Composée essentiellement de roche et de gaz, elle avait tout de même quelques richesses utiles à exploiter. Ceux qui avaient la chance de discerner ses belles couleurs pouvaient apprécier sa couche d'un magnifique dégradé de bleus. Les conditions n'étaient toutefois pas idéales pour laisser apparaître et maintenir la vie d'organismes complexes. Son satellite naturel était si petit qu'il semblait ridicule par rapport aux autres du même système. Malgré les nombreux désavantages de la planète Alura, plusieurs créatures civilisées avaient décidé de s'y installer durablement. C'était un choix mûrement réfléchi. Cet astre possédait toutes les caractéristiques nécessaires pour constituer surtout un refuge idéal.

Une vingtaine de vaisseaux spatiaux se laissèrent dériver au-dessus de la planète Alura. A bord des engins, on se concertait les uns les autres avant de lancer le début des opérations. On cherchait un espace bien protégé et si possible assez grand pour mener à bien les premiers grands travaux. En peu de temps, les idées étaient claires et les plans ont été réajustés en fonction des nouvelles données. Les premières navettes se détachèrent des gros vaisseaux et se posèrent sur la surface de la planète. Sur le terrain, les créatures ne tardèrent pas à combiner leurs forces pour construire une base adaptée à leurs besoins différents. Grâce à une technologie avancée issue de 4 grandes civilisations, tout se déroula à la perfection.

Les meilleurs ouvriers sur ce chantier étaient les Goyacks et leur Nascol, cette bête liée biologiquement à eux depuis leur naissance. Ces habitués de travaux difficiles venaient de la Vénusia, une géante planète où ils aimaient creuser pour bâtir des cités souterraines. Ils savaient y faire avec les gros matériaux et les machines de construction. Les Hutraïens, eux aussi de grands bâtisseurs, géraient l'organisation au millimètre près avec leur perfectionnisme parfois démesuré. La plupart des outils et des ressources utilisaient pour la construction de la base avaient été généreusement donnés par leurs semblables de la planète Hutrae. Ils avaient cette fierté que les autres races n'aimaient pas beaucoup mais pour cette fois-ci, on leur laissait ce plaisir car les Hutraïens avaient contribué plus que les autres aux moyens nécessaires pour ce projet. Les Hutaris, descendants des Hutraïens, avaient eux aussi apporté de nombreuses ressources mais ils avaient surtout de très bons ingénieurs et quelques experts scientifiques en tout genre. Ils avaient toutes les qualités de leurs ancêtres d'Hutrae, la richesse culturelle et intellectuelle des Goyacks, et l'envie d'apprendre des autres races. Leur sagesse leur permettait d'exceller dans tous les domaines de recherche, sans leur expertise, la base aurait été installée au mauvais endroit ou sur une planète instable. Enfin, les Néroviens soutenaient surtout les autres, n'ayant que leur grande philosophie à donner. Exilés loin de leur monde et traqués sur ceux des trois autres espèces, ils faisaient de leur mieux pour partager leurs connaissances et améliorer certains aspects techniques du chantier. Ils croyaient fermement aux paroles de leurs anciens chefs et prônaient ainsi leurs enseignements depuis des millénaires. Leur philosophie s'appelait le Culte des étoiles. Contrairement aux autres membres de leur race, ils ne souhaitaient pas imposer leurs croyances mais au contraire les partager et les confronter aux idées nouvelles.

Ensemble, ils formaient un groupe de marginaux qui voulaient créer une union de toutes les espèces. Ils étaient totalement opposés à la vision des gouvernements de leur monde d'origine. Depuis quelques années, ils avaient fait le choix d'élever leur conscience. Ils croyaient en la force de chacun, en l'harmonie entre les êtres vivants. Sur Alura, ils voulaient se réunir comme ils le faisaient sur Vénusia à partir de l'an 0 du calendrier Visum. 196 ans plus tard, ils continuaient encore de croire en la raison de leur rassemblement. Une fois éveillés, ils avaient du mal à revenir en arrière et suivre aveuglément la direction imposée par les rouages politiques. Les autorités vénusiennes et hutraïennes les avaient même empêcher de suivre le cours de leurs rencontres en l'an 177. Il a fallu un petit moment pour que quelqu'un les rassemble à nouveau. Toutefois, ils ne pouvaient plus se réunir sur Vénusia, pour plusieurs raisons. De plus, une guerre galactique entraînaient leurs semblables dans une spirale de violence inédite. Et eux, parlaient de paix.

La construction d'une base permettait de prolonger ce qui avait été déjà commencé. Ils devaient se cacher pour offrir un havre de bien-être à tous ceux qui militaient pour des nobles idées. Sur Alura, ils avaient donc construit un repaire et aussi leur lieu de vie. C'était surtout pour eux le nouveau Centre Visum, une version améliorée de celui qui a été détruit sur Vénusia, précisément à Vénuas, l'une des plus prestigieuses cités vénusiennes. Cette fois-ci, les créatures engagées dans ce projet géraient les choses à leur façon, totalement indépendantes de toutes les institutions gouvernementales. Ces quelques Hutraïens, Hutaris, Goyacks et Néroviens voulaient être les dignes représentants de la galaxie toute entière, de cet amas de lumière qui portait donc le nom de Visum. Ils défendaient leurs idées, mais surtout celle qui pouvait permettre à chacun de suivre et exprimer les siennes. Alors que la Grande Guerre Galactique faisait rage, eux, se préparaient à voyager à travers les mondes pour montrer aux autres une voie plus harmonieuse. Pendant que l'Ordre des étoiles dirigé par les Néroviens et l'Union des Corporations Planétaires présidée par les Hutraïens s'entredéchiraient, ils parlaient de vivre tous ensemble malgré les différences. Ils se faisaient appeler les Sages du Centre Visum.

A la fin des travaux sur la base Alura, toutes les créatures s'étaient réunies pour tester l'ensemble des infrastructures. Comme le corps de chacune d'entre elles avait des besoins différents, les ingénieurs ont dû mettre au point un système capable de s'adapter à tous. Ainsi, elles étaient à leur aise pour déambuler dans la base et avaient toutes la possibilité de respirer convenablement sans l'aide d'un casque ou tout autre moyen du même genre. Tout fonctionnait à merveille. Certains continuaient à faire quelques réglages mais c'était surtout pour améliorer davantage le système des machines. Les meilleurs ingénieurs cherchaient toujours à proposer de nouvelles options. Souvent les plus âgés des Néroviens savaient calmer les ardeurs de ceux-là en leur faisant comprendre qu'il fallait savoir s'arrêter, au moins pour stabiliser la situation. Ils leur disaient de se réjouir de leur bon travail. Toutefois, il était presque impossible de raisonner ces passionnés d'ingénierie et quand ils le pouvaient, ils continuaient leurs réglages.

Tout étant en place, les Sages avaient décidé de se concerter pour élire un représentant par race. Cela ne prit pas beaucoup de temps. Il y en avait déjà qui sortaient du lot et qui avaient une belle réputation. Lornax Orugana, grand anthropologue, s'était engagé à reconstruire le Centre Visum et rassembla les Sages alors que ces derniers avaient enterré l'idée de se réunir à nouveau. De ce fait, il a donc été choisi pour représenter les Hutraïens. Oreillo Moragana, ancien premier Haut Administrateur du gouvernement indépendant de Vénusia, représentait alors les Hutaris. Nali de Donautat et son Nascol Lina, puissante membre des Vagoyis qui mêlait la sagesse aux arts martiaux, représentait les Goyacks. Quant aux Néroviens, ils ont choisi Majus, l'un des plus grands et des plus respectés Prophètes du Culte des étoiles. Ces quatre individus avaient vécu beaucoup de choses qui en inspiraient plus d'un. Ils partageaient surtout ensemble la vision de tout un groupe. En outre, ces représentants ne cachaient pas leur amour pour la vie en général et de cela, ils méritaient tout le respect de leurs pairs. Selon le code des Sages, rédigé en partie juste avant la construction de la base, ils devaient faire de leur mieux, plus encore que les autres, pour tenter d'équilibrer la vie de toutes les espèces connues de la galaxie.

Peu de temps après ces élections, Lornax et Majus avaient décidé de partager un repas ensemble. Ils se donnèrent donc rendez-vous dans la belle et grande salle de restauration de la base, un espace commun où tout le monde pouvait se réunir pour profiter des douceurs culinaires de plusieurs illustres cuisiniers goyacks. Les Sages avaient la chance d'attirer de grandes personnalités et de grands artistes dans divers domaines. En dehors de très bons petits plats, ils avaient également de grands architectes, de talentueux sculpteurs et des musiciens hors pair venus des quatre coins d'Hutrae.

Vers la fin du cycle de la planète, Lornax et Majus s'étaient donc rejoints dans la salle de restauration. Après de brèves salutations, ils s'installèrent autour d'une table, au milieu de la pièce. Ce n'était pas vraiment le moment de manger mais les deux grandes figures des Sages se perdaient tellement dans la lecture ou leurs écrits, qu'ils ne voyaient pas le temps passer. De ce fait, ils s'étaient retrouvés là, répondant à l'appel d'une faim accumulée depuis qu'ils avaient sauté de leur lit. Ils demandèrent leur pitance sur le tableau de bord au centre de la table. Rapidement, une assiette jaillit devant eux, élevée délicatement par un monte-charge. On ne voyait jamais les cuisiniers à l'ouvrage, mais dans les parties inférieures de la base, ils préparaient avec grand plaisir tous les repas qui devaient être servis chaque nouveau cycle. L'avantage de l'infrastructure de la base résidait dans le fait qu'il suffisait de choisir parmi les options le plat souhaité ; celui-ci était déjà prêt, maintenu au chaud si nécessaire, et ne demandait qu'à être savouré.

Bien qu'ils étaient face à face, les deux Sages n'avaient pas dit un mot avant de terminer leur assiette. Lornax avait englouti sa ration quotidienne à une vitesse éclair, tandis que Majus prenait un plaisir immense à avaler chaque bouchée, préférant des aliments simples et non modifiés. Puis, quand ce dernier éructa pour signifier la fin de son repas, il regarda son ami devant lui. Comme tout Hutraïen, Lornax sentit la chose, à défaut de ne pas avoir des yeux pour voir.

-Je sens que tu me portes toute ton attention Majus, dit l'anthropologue en langue nérovienne. Je m'excuse, j'ai mangé très vite.

-Celui qui te voit se pose juste quelques questions et j'aimerai en discuter avec le Sage que tu es.

-Tu n'aimes pas la nourriture ?

-C'est parfait ! S'exclama le Prophète même si cela sonnait faux. Ces fruits de Vénusia sont très appétissants.

-Même si je sais que le plaisir de manger n'est pas la même pour vous les Néroviens, j'imagine que ce n'est pas évident d'avaler cette nourriture vénusienne.

-La nourriture convient à mon corps, là est l'essentiel. Mes dernières lectures troublent mon esprit, ami Hutraïen. C'est la première fois que la vie de mon cœur n'est pas au service de mon Imperator.

-Tu doutes de ce que l'on fait ici ?

Majus allait répondre mais les mots ne semblaient pas sortir. Il baissa même les yeux afin de se concentrer sur son activité cérébrale. En lui, il avait la réponse mais il souffrait encore de ce qu'il avait dû faire pour rejoindre le projet du Centre Visum. Entre les deux créatures, le silence se faisait de plus en plus lourd. L'Hutraïen analysait toutes les vibrations qu'il recevait. Il sentait que pour une fois, c'était à lui d'éclaircir le chemin du Prophète :

-Je n'ai pas l'habitude de te sentir ainsi mon ami. Je présume que même un illustre Prophète a aussi la sagesse de savoir qu'il est submergé par les méandres de ses pensées. Dis-moi, qu'est-ce qui te tracasse vraiment ?

-Pani, celui qui t'écoute n'a pas compris ce que tu voulais dire.

-Mon nérovien n'est pas toujours parfait, s'excusa Lornax, je vais essayer d'être plus clair. Qu'est-ce qui te troublent vraiment ?

-Gra, remercie Majus. Tu t'exprimes bien, et tu fais l'effort de parler la langue de mes ancêtres. Pani, s'excusa-t-il à nouveau avant de répondre à la question de son interlocuteur. L'Imperator Nerovus, le chef du gouvernement nérovien, ne s'arrêtera jamais et quand il en aura fini avec Vénusia et Hutrae, il enverra ses Légions néroviennes sur nous. Sur Alura.

-Tous les Néroviens dans le Centre Visum disent la même chose et je dois dire que cela me terrifie un peu.

-Celui qui te voit n'a pas peur Lornax. C'est un sentiment inconnu qui me ronge de l'intérieur.

-Cher ami, je crois que tu te sens impuissant.

-C'est cela. Tu as raison, je me sens impuissant.

D'habitude, c'était l'Hutraïen qui demandait conseil au Nérovien mais depuis peu, les rôles s'étaient inversés. L'un comme l'autre se vouait un immense respect, malgré la différence d'âge et de culture. Toutefois, Lornax avait encore du mal à croire qu'un Prophète de plusieurs siècles pouvait avoir besoin de lui. D'autant plus que cette fois-ci, il comprenait bien le problème de son ami mais il ressentait à vrai dire la même chose. Par soucis d'honnêteté, il avoua :

-Moi aussi Prophète.

-Alors que faisons-nous là ? Demanda Majus.

-Nous savons cher ami que le chemin que nous avons choisi n'est pas le plus facile. Cependant, je pense qu'il en vaut la peine. En général, nous ne sommes pas tous des guerriers ici. Nous n'avons pas une armée à commander, nous avons peu de moyens et nous ne sommes qu'une poignée d'individus face aux puissances militaires de toute la galaxie Visum. Pourtant, malgré tout cela, je ne reviendrai jamais en arrière et je suis convaincu que notre sagesse finira par changer le cours des choses. Tu connais les Néroviens, je connais les membres des Corporations vénusiennes et hutraïennes. Nous trouverons bien un moyen de rétablir la paix. Nous ferons en sorte de souder des liens solides et immuables entre nos deux races. Nous rencontrerons les Vlests, les Yvaltiens, les Meloss et tous les autres. Nous leur montrerons la voie qui mène véritablement à l'harmonie tant défendue par les principes du Culte des étoiles.

Soudainement, le Prophète se mit à sourire et cela se refléta assez vite sur le visage de l'anthropologue. Les mots qui venaient de résonner dans la pièce avaient semble-t-il redonné de la force au Nérovien.

-Ce que tu dis est vrai. Comme toujours.

-Cher ami, je comprends très bien qu'il est difficile pour toi de te retrouver dans cette position. Tu as l'habitude des victoires, d'être dans le camp des puissants. Tu as mené plus d'une guerre dans ton existence et aujourd'hui, tu ne peux plus te battre comme avant. Les tiens t'ont rejeté et t'ont banni, chose qui est terrible pour vous les Néroviens. Dans ton cas, même le plus grand des sages peut souffrir et sombrer dans le chaos. Mais je sens que ton énergie est toujours là ! Malgré tout, tu tiens bon, parce que je crois que nous sommes là, tous ensemble, dans ce nouveau combat.

-Celui qui est devant toi te remercie encore. Unbagra ! Quoi qu'il en soit Lornax, le doute a beau assaillir les portes de mes pensées, il ne brisera jamais ma volonté. Je suis un Prophète du Culte des étoiles, je porte en moi la lumière. Bientôt, la vie de mon cœur sera en paix, et quand j'aurai enfin expulsé le mal que j'ai connu, l'ami qui est à tes côtés sera encore plus fort pour répandre les idées du Centre Visum.

-C'est toi qui m'a appris à être patient, donc je sais que tu laisses le temps te guérir. Pour l'instant, tout ce que l'on peut faire pour toi, c'est être là pour t'aider si tu as besoin de t'exprimer.

D'un geste de la tête, Majus montra sa reconnaissance à Lornax. Après ces belles paroles, le silence qui s'ensuivit était paisible, même l'Hutraïen qui d'habitude, avait du mal à supporter ce vide sonore, profita de cet instant de calme. Comme tout semblait avoir été dit, les deux compères se firent simplement un petit signe pour se lever et s'apprêtèrent à retourner dans leurs quartiers. A ce moment-là, Oreillo Moragana, le représentant des Hutaris, les rejoignit.

-Lornax, Majus, vous avez à peine fini de manger ? Demanda celui qui venait d'arrivée en les saluant chaleureusement l'un après l'autre

-En effet, dirent-ils ensemble en hutaris.

-Ne négligez pas votre appétit, bien que vous soyez affamés de nouvelles connaissances, n'oubliez pas que votre corps a besoin de force.

-Nous ne l'oublions pas Oreillo, dit Lornax en toute simplicité pour rassurer l'Hutaris.

-Nous vivons tous dans une petite base depuis quelques cycles et pourtant, je n'ai pas eu l'occasion de vous sentir près de moi pour discuter, enchaîna Oreillo.

-Il est vrai que je suis très occupé avec quelques écritures, se justifia Lornax en passant à la langue hutraïenne.

-Je n'en doute pas, dit l'Hutaris. Nali et Lina ne vont pas tarder à venir par-là, je leur ai demandé de me raconter un peu leur vie. Je trouve l'histoire des Vagoyis fascinante. Sur Vénusia, j'ai eu l'occasion d'en rencontrer plusieurs mais avec la politique, je n'ai jamais eu le temps de vraiment les écouter.

-Leur sagesse inspire aussi celui qui est devant toi, s'exprima Majus. Leur force est impressionnante et j'aime beaucoup leurs discours et leur philosophie.

-Le Recodo est un art martial des plus efficaces je dois dire, j'aimerai en savoir plus, ajouta Oreillo. Nali m'a permis de rester à l'un de ses entraînements. D'ailleurs j'étais surpris quand j'y étais, j'ai senti dans la salle d'entraînement que presque tous les Goyacks de la base s'y trouvaient pour suivre les enseignements de la Vagoyis.

-Seuls les Goyacks peuvent vraiment le maîtriser avec leur Nascol, expliqua Lornax qui en savait beaucoup sur ce sujet. J'ai été sauvé plus d'une fois grâce à des adeptes du Recodo.

-La synergie entre le Goyack et le Nascol est une pure merveille de la nature, admit Majus en invitant Oreillo à s'asseoir à côté de lui.

-Si Nali vient, je veux bien rester pour écouter, intervint Lornax en allant se rasseoir.

-Eh bien, celui qui vous respecte aimerait bien également rester pour voir...

Avant même de finir sa phrase, Majus se leva rapidement et se mit en position de combat lorsque le Nascol Lina sauta sur une des chaises autour de la table où se trouvaient l'Hutraïen, l'Hutaris et le Nérovien, faisant sursauter au passage deux d'entre eux. Nali marchait lentement jusqu'à eux d'un air si calme qu'elle semblait flotter à travers la pièce. En ouvrant grand ses deux bras, elle dit en goyack de sa petite voix :

-Mes plus sincères des salutations sages créatures venus des autres cieux. Cher Majus, je me doutais bien que vous aviez l'âme d'un guerrier. Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas là pour nous battre. Pardonnez la fougue de Lina, c'est un Nascol très dynamique.

Majus abandonna sa position de combat et se redressa pour saluer la Vagoyis.

-Plus nous nous faisons vieux et plus nos Nascols sont énergiques, reprit Nali. La vie des nôtres est ainsi faite chers amis. C'est un plaisir de nous voir tous ensemble réunis à l'improviste. Lina et moi avons hâte de commencer les premières grandes discussions entre Sages et de partir sur d'autres mondes pour répandre nos idées.

-Plus que quelques cycles chers amis ! S'écria Oreillo en s'adressant à tous avec un large sourire.

-Nous sommes là pour parler, comme convenu, reprit la Goyacfine qui s'installa à côté de son Nascol.

-Parfait ! Lornax a exprimé le souhait de rester pour vous écouter aussi. Cela ne vous dérange pas ?

-Non, pas du tout ! Il peut rester Oreillo ! Sa présence nous honore à chaque fois ! Lina et moi aimons l'énergie qu'il nous apporte.

-Merci à vous créatures sages ! Dit Lornax en goyack, sortant en même temps d'une de ses poches un vieux carnet pour s'apprêter à prendre des notes.

-Celui qui est heureux d'être avec vous, reste aussi si vous le voulez bien.

-Bien sûr Prophète ! Asseyez-vous près de nous ! S'exclama la goyacfine avec un large sourire qui dura le temps que Majus s'installe à nouveau autour de la table. Lina et moi avons accepté de partager avec Oreillo l'une de nos histoires qui parlent des Vagoyis. Toutefois, si nous apportons le fruit de nos expériences, comme le veulent nos traditions, nous espérons en retour y gagner quelque chose. Si vous restez pour nous écouter, nous voulons aussi le plus beau de vos souvenirs. Oreillo m'a promis de me raconter comment il a rencontré Fito et Kanu, au temps où les Hutraïens et les Goyacks commençaient à peine à se connaître.

-Nous pouvons vous accorder cela, dirent l'Hutraïen et le Nérovien à la Goyacfine dans leur langue respective.

Ainsi, Nali inspira profondément, resta quelques secondes emplie d'air, puis souffla brièvement devant elle jusqu'à vider entièrement ses poumons. Les Goyacks, attachés à leurs traditions, avaient l'habitude de faire cela avant de s'adresser à un groupe ; surtout quand ils racontaient des moments importants de leur vie. De cette façon, ils se donnaient du temps pour organiser leurs pensées et instaurer un calme intérieur. En outre, les textes ancestraux expliquaient que le fait d'expirer tout l'air devant eux permettait de tracer un chemin à leur parole.

En inspirant à nouveau, Nali fit un signe symbolique de sa main droite, ce qui voulait dire qu'elle s'adressait à ceux qui avaient envie de l'écouter. Seuls les Vagoyis ajoutaient ce geste en plus avant de parler. Puis, sa petite voix résonna. Voici donc comment débuta son histoire... 

Contes yvaltiens - Le pendentif yvaltien
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