Pleurer avec 7. Koğuştaki Mucize


Le moins que l’on puisse dire c’est que le titre du film est compliqué à retenir : 7. Koğuştaki Mucize. C’est du turc. Quoi qu’il en soit, il fait partie de ces films qui ont le don de vous toucher en plein cœur. Disponible sur Netflix, beaucoup ont salué ce grand film de Mehmet Ada Öztekin. En effet, c’est une belle découverte qui mérite vraiment la reconnaissance d’un large public. Peu importe si on est attiré ou non par le thème principal, il s’agit là surtout d’une histoire humaine pleine de sens. Ce film est beau, simple et fort à la fois ! On y suit un père avec un handicap mental et sa petite fille. Malheureusement, il est arrêté pour le meurtre d’une enfant et un combat pour faire apparaître la vérité commence alors. Dans cette critique, je ne dévoilerai rien, je dirai surtout ce que j’ai ressenti en voyant ce film qui m’a été chaleureusement conseillé et que j’ai beaucoup aimé.


Nom7. Koğuştaki Mucize
GenreDrame
OrigineTurc
Première sortie10 octobre 2019
RéalisateurMehmet Ada Öztekin

Le film commence sur une femme habillée de blanc. Sa télé est allumée et dans un journal télévisé on entend parler de la fin de la peine de mort en Turquie. Ensuite, flashback dans les années 80 et on reste ici jusqu’à la fin du film. Au début de cette histoire, il n’y a pas grand chose : juste un père avec un handicap mental, sa petite fille, une grand-mère et une petite maison proche de la mer. C’est une petite famille, plutôt pauvre, qui vit sa vie. Le père s’appelle Memo et rit souvent, il fait chaud au cœur. On s’attache rapidement à ce personnage atypique merveilleusement joué par l’acteur Aras Bulut IIynemli. Malgré les moqueries qu’il reçoit, il reste un homme heureux et surtout il prend très au sérieux son rôle de père. On se sent porter par sa douceur enfantine, surtout quand il joue avec sa fille Ova. Tous deux sont très complices, c’est agréable de les voir ensemble. Cette relation père-fille montre presque l’importance de rester parfois jeune dans sa tête pour pouvoir apprécier un instant avec son enfant.

Dans son entourage, Memo est souvent vu comme l’idiot du village. Il aime ses bêtes, sa mère, poursuivre les oiseaux mais il ne fait jamais attention aux mauvais jugements des autres. Son côté naïf est d’une beauté sans nom, à l’image de l’amour et de l’harmonie de notre humanité. Il donne beaucoup à réfléchir sur notre condition humaine et notre comportement.

Quand Memo est accusé de meurtre, le film nous enfonce dans une incroyable spirale pleine d’émotions et les plus sensibles ne peuvent pas résister à l’appel des larmes. La façon dont est traitée l’histoire nous pousse à avoir beaucoup d’empathie pour Memo et on a envie qu’il s’en sorte. En outre, le silence est souvent parlant dans ce film et l’accompagnement musical donne de la profondeur aux scènes importantes, ce qui renforce tout son côté émotionnel.

Tout au long de 7. Koğuştaki Mucize, on découvre des tas de personnages différents, tous magnifiquement bien interprétés. L’un de mes préférés est Askorozlu, un prisonnier qui a un sacré charisme et qui joue un rôle primordial à certains moments. Chaque personnage a vraiment son importance, surtout aux côtés de Memo. La façon dont les autres traitent ce père en dit long sur leur personnalité. Ce qui est intéressant, c’est surtout comment évolue la vision des personnages, selon ce qu’ils croient savoir de Memo et quand ils apprennent à mieux le connaître.

Autre sujet important du film, c’est la politique turque des années 80, les militaires, la religion peut-être aussi… Parmi tout cela, il y a surtout la peine de mort qui est mise en avant et qui semble être pointée du doigt plus que le reste. Toutes les critiques sociales sont là à travers l’ensemble des personnages. C’est aussi la force de ce film, chaque élément lui apporte une lecture différente. C’est une histoire un peu à l’ancienne, un peu comme le néoréalisme italien, les personnages évoluent dans un fond social plutôt sombre et dur, cela donne une ambiance réaliste et presque documentaire.


Le moins que l’on puisse dire c’est que j’ai adoré ce film et j’avoue avoir pleuré plus d’une fois. On ne pleure pas que pour exprimer sa peine face à de terribles scènes, on pleure aussi pour la beauté de certaines d’entre elles. Il y a ces moments de joie qui ont une force émotionnelle incroyable, c’est juste beau et on contemple cela avec bonheur. Voir le monde à travers ce père avec un handicap mental nous rappelle également à quel point on peut s’émerveiller pour si peu de chose avec un esprit enfantin. A la fin du film, on se sent empli de belles choses. Il y a de bonnes leçons de la vie, cela fait du bien d’avoir vu un tel chef d’œuvre. Malgré ce qui peut nous arriver, on peut quand même profiter de chaque instant quand on est plein d’amour et c’est ce que nous enseigne ce personnage appelé Memo. En soit, je dirai même que ce père nous fait réfléchir et nous montre surtout nos handicaps, ceux qui nous empêchent de sourire parfois à la vie. Donc, 7. Koğuştaki Mucize, à voir absolument !


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